Koboshi

Pourquoi j'ai créé Koboshi : une appli de vocabulaire pour ceux qui ont vécu avec plusieurs langues

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Pourquoi j'ai créé Koboshi

Koboshi est une appli de vocabulaire pour les gens qui vivent dans plusieurs langues. Tu cherches un mot une fois ; Koboshi t’en montre le sens dans les langues que tu connais déjà, l’enregistre, puis te le ramène en révision juste avant le moment où tu l’aurais oublié, selon un calendrier de répétition espacée (FSRS, la même famille d’algorithmes que celle des systèmes de cartes mémoire sérieux). Voilà tout le produit, en une phrase. Ce billet raconte pourquoi il existe, et l’histoire est assez personnelle.

Le moment du déclic

Le petit « ah, CE mot » ne vient pas toujours de la même langue.

Quand je cherche un mot espagnol et que j’en lis le sens, parfois le déclic vient de l’anglais. Parfois l’anglais ne me fait rien du tout, et c’est le sens en ourdou qui fixe le mot instantanément. Parfois c’est le japonais. La langue qui débloque un mot est imprévisible ; une appli qui n’affiche le sens que dans une seule langue ne me suffit donc pas.

Koboshi affiche le sens dans toutes tes langues, côte à côte. Et cela produit un deuxième effet discret, dont je n’ai pris la mesure qu’en vivant avec l’appli : pendant que tu étudies la nouvelle langue, tes langues plus faibles s’exercent aussi. Chaque recherche est une petite répétition pour elles. D’une pierre deux coups : 一石二鳥 (isseki nichō), comme on dit en japonais. La recherche scientifique pointe dans la même direction, depuis plusieurs angles à la fois : une langue parlée dans l’enfance dort, elle n’est pas perdue, et c’est le rappel actif qui la réveille.

Le côté langue d’héritage, c’est du vécu

J’ai grandi au Pakistan. Je parle ourdou comme un natif, parce que j’en suis un : le rythme, l’accent, les blagues, tout y est. Mais si je regarde honnêtement mon vocabulaire ourdou, il tourne autour du niveau A2, B1 au mieux. La conversation de tous les jours coule sans effort ; les mots plus riches manquent à l’appel.

C’est en partie la façon dont l’ourdou fonctionne au quotidien : on glisse sans arrêt des mots anglais dans les phrases, et ils s’y fondent très bien. On peut donc être un membre à part entière de la société sans jamais avoir besoin du vocabulaire natif plus exigeant. Autour de moi, beaucoup de gens instruits avaient la même tendance, avec simplement un peu plus d’école que moi derrière leurs choix de mots.

Cette combinaison, parler comme un natif avec un lexique qui ne suit pas, porte un nom : être un locuteur d’héritage (heritage speaker). Koboshi est pensé pour ces locuteurs ; ce site leur consacre une page entière, et un article plus fouillé sur le vocabulaire d’héritage arrive bientôt.

Pour qui c’est fait, concrètement

Si tu tiens déjà deux langues ou plus et que tu en ajoutes une, Koboshi part de ta situation exacte : la nouvelle langue reçoit le traitement sérieux de la répétition espacée, et tes langues existantes suivent le mouvement ; elles se renforcent au lieu de rouiller.

Et si l’une de tes langues est une langue d’héritage à laquelle tu voudrais enfin donner le vocabulaire qu’elle mérite, cette appli est pour toi. Dans six mois, surprends ta famille et tes amis à l’autre bout du monde.

Sans langue d’héritage, Koboshi te servira presque autant : tu apprends une nouvelle langue tout en consolidant celles que tu as déjà. Même pour une première langue étrangère, il fait un bon moteur d’apprentissage doublé d’un dictionnaire personnel.

La vraie genèse : un projet ChatGPT qui oubliait tout

Avant Koboshi, mon système était un projet ChatGPT. Chaque nouveau mot rencontré partait dans la discussion. La plupart venaient de Duolingo : l’appli suit les mots que ses leçons introduisent, mais ses exercices d’écoute me livraient sans arrêt des mots absents de ce suivi, et je voulais les garder aussi.

Ça marchait, deux ou trois mois à la fois. Puis la discussion se remplissait. Une conversation a une limite de mémoire (la fenêtre de contexte), et une fois cette limite atteinte, le contenu le plus ancien disparaît en silence. Des mots soigneusement enregistrés s’étaient tout simplement envolés. Alors j’ouvrais la discussion suivante dans le même projet et je reprenais la pile à zéro.

ChatGPT propose volontiers de tout exporter dans un tableur, et ça ne règle rien : la limite de mémoire reste là, et personne en 2026 n’apprend du vocabulaire dans un tableur. Il me fallait autre chose que du stockage : pouvoir noter un mot dans le même geste que la rencontre, l’apprendre au même endroit, et laisser un calendrier déclencher les révisions à la place de la volonté.

Construire ça venait tout juste de devenir possible pour une personne seule. Alors je l’ai construit. Je ne suis pas développeur de métier ; les outils de l’ère de l’IA, plus une paresse assumée qui cherche l’efficacité, ont fait le reste. Koboshi est l’outil que j’aurais voulu avoir pendant ces cycles de trois mois : tu cherches le mot, tu le vois dans tes langues, il s’enregistre tout seul, et il revient te tester juste avant que tu ne l’aies perdu. Le nom vient de 起き上がり小法師 (okiagari-koboshi), la petite poupée japonaise qui se redresse à chaque chute, et de 取りこぼし (torikoboshi), ce qu’on laisse échapper en voulant tout retenir. Des mots cherchés, puis perdus : exactement ce que cette appli repêche. Le genre de nom qu’un gaijin trouve irrésistible, je sais.

La suite

Koboshi est jeune, et il s’améliore chaque semaine. Si la situation que je viens de décrire est la tienne, essaie-le avec une poignée de mots rencontrés aujourd’hui.

À propos de cette traduction

Cette version française part des deux textes que l’auteur a écrits et vérifiés lui-même : l’original anglais et la version japonaise. Une IA a aidé à la rédaction, en suivant des règles de style propres au français, sans toucher aux chiffres ni aux citations. Si une tournure te semble étrange, écris-nous à support@koboshi.app.